Histoire du mors
Date d'apparition
Origine géographique
Utilisation
Le mors est placé dans la bouche du cheval pour le conduire et régler son allure.
En règle générale, il est recommandé d'utiliser les mors dont l'action est la plus douce possible, mais chaque cheval et chaque équipement cavalier sont différents. Selon le caractère de chacun et les objectifs équestres, la recherche de mors spécifique peut s'avérer souhaitable.
La langue du cheval se trouve sous le mors. A noter cependant que le cheval réussit parfois à passer sa langue par dessus pour éviter son action.
Description générale
Le mors le plus couramment utilisé
Le plus souvent, les mors sont en acier, mais bien d'autres matériaux peuvent être utilisés.
Le mors est maintenu grâce au bridon ou à la bride. Il existe plusieurs grandes familles de mors :
les mors mors de filet, appelés plus simplement filets qui sont releveurs ; les mors abaisseurs.
Un mors se compose d’une partie droite, incurvée ou brisée se trouvant dans la bouche du cheval, appelée canon, et d’un anneau de chaque côté que l’on fixe aux montants du bridon. Les anneaux peuvent être de formes diverses, et se trouver à l'extrémité de branches.
Il faut noter que dans le langage courant, l'ensemble bridon et mors de filet est aussi appelé filet.
Action du mors
Le mors permet au cavalier d'agir sur la tête, l'encolure et les épaules du cheval par l'intermédiaire des rênes. Les mors agissent de différentes façons dans la bouche du cheval :
action sur la langue : les mors à canons brisés agissent par pincement du renflement situé sur la langue du cheval. Les mors à canon droit agissent par simple pression.
-Action sur la commissure des lèvres :
tous les mors effectuent une traction sur la commissure des lèvres.
- Action sur les barres :
les mors abaisseurs effectuent typiquement une pression sur les barres du cheval, qui sont un espace de la mâchoire inférieure dépourvu de dents, se situant entre incisives et molaires.
action sur le nerf mandibulaire : les mors équipés d'une gourmette agissent également par compression du nerf mandibulaire qui passe sous la mâchoire du cheval.
-Chaque zone d'effet peut être classée par sensibilité croissante :
la langue du cheval, musclée, est peu sensible aux pressions, mais un peu plus au pincement. Les commissures des lèvres sont un peu plus sensibles. Les barres, qui sont une muqueuse reposant presque directement sur l'os de la mandibule, sont très sensibles. Enfin, le nerf mandibulaire est extrêmement sensible, d'autant plus qu'il sera écrasé entre un os et une chaînette métallique.
Ainsi, il est possible de juger de la sévérité du mors sans même avoir à s'en servir. Un canon droit sera moins sévère qu'un canon brisé, par absence de pincement. Un canon fin sera plus dur qu'un canon épais, puisque la pression effectuée sera plus élevée. Les mors agissant par contact sur les barres seront plus sévères que les mors n'agissant que sur les commissures. Et la présence d'une gourmette augmentera très fortement la sévérité d'un mors, en fournissant un point d'appui au mors qui peut donc renforcer son effet sur les barres, et en écrasant le nerf.
Un mors peut être releveur, c’est-à-dire que son action aura tendance à ouvrir l'angle entre la tête et l'encolure, ou abaisseur (fermeture de l'angle tête-encolure), voire les deux, selon le point où la rêne agira, pour les mors utilisés avec deux paires de rênes.
Types de mors
Mors de filet
Les filets, en agissant sur la langue, ont un effet plutôt releveur sur la tête du cheval. Autrefois, ils étaient fait en bois.
filet simple à anneaux :
les anneaux peuvent tourner librement selon 2 axes de rotation.;
filet olive :
les anneaux sont en forme d'ovale. Ils ne tournent que selon un axe de rotation, ce qui évite les pincements de la commissure des lèvres;
filet Verdun :
similaire au filet à olives dans son fonctionnement. Ses anneaux en D sont caractéristiques. Le côté plat de l'anneau en D rend ce mors plus directif qu'un filet olive ou à anneaux.;
filet à aiguilles :
les "aiguilles" bien sûr non piquantes, placées de part et d'autre de la bouche, permettent de mieux contrôler la flexion latérale chez un jeune cheval et rendent ce mors très directif. ;
filet Baucher :
à branches supérieures, il a un effet légèrement abaisseur de l'encolure ;
filet double brisure : permet de mieux décontracter la mâchoire ;
filet releveur (ou gag) :
ce filet est très utilisé au polo. Il présente la caractéristique d'utiliser des montants spéciaux qui passent au travers de deux anneaux perpendiculaires aux anneaux du mors. Cette particularité permet de l'utiliser à quatre rênes. Les rênes de filet auront alors un effet releveur traditionnel, et les rênes de gag, fixées aux montants spéciaux, un effet souvent abaisseur. De fait, il constitue une excellente initiation à l'utilisation de la bride. En polo, les rênes de filet servent à tourner, les rênes de gag à s'arrêter ;
filet à quatre anneaux :
ce filet est constitué de deux anneaux pouvant bouger librement entre les deux anneaux reliés au canon. Les deux anneaux libres sont fixés aux montants, les anneaux du canon sont fixés aux rênes. Cette embouchure est souvent utilisée par les meneurs des pays de l'est.
Un mors simple
Un mors olive
Un mors Verdun
Un mors à quatre anneaux
Article détaillé : filet (équitation).
Mors abaisseurs
Description
Ces mors, en agissant sur les barres, et avec l'adjonction d'une gourmette, ont un effet abaisseur sur la tête du cheval. Ils fonctionnent tous par rotation du mors autour du canon, dans la bouche du cheval. Ces mors, de par la présence de la gourmette, sont souvent très sévères. Plus la gourmette sera serrée, interviendra tôt lors de la rotation du mors sous l'effet de la main, ce qui rendra le mors plus sévère. A l'inverse, une gourmette lâche est inefficace et diminue grandement l'efficacité de ces mors. Il est recommandé typiquement un début de contact de la gourmette pour une rotation de 45° du mors.
Variété
Mors de bride
Le mors de bride se caractérise par un canon non articulé, et deux longues branches perpendiculaires au canon. A l'extrémité supérieure des branches, à l'endroit où sont fixés les montants de bride, se trouve une gourmette. À l'extrémité inférieure sont fixées les rênes de bride, qui sont reconnaissables des rênes de filet grâce à leur couture, alors que les rênes de filet ont une boucle.
Mors de bride Saumur avec passage de langue
Les mors de bride s'utilisent exclusivement avec une bride, c’est-à-dire avec deux mors dans la bouche du cheval.
Le canon du mors de bride peut être cintré sur toute sa longueur (l'appellation est « pont »), ou présenter un cintrage au milieu, permettant au cheval de passer sa langue. L'effet du passage de langue est controversé. En effet, même si tous s'accordent à dire que le passage de langue diminue l'appui du mors sur celle-ci, il semble difficile de dire avec certitude si ceci rend le mors plus confortable, ou plus sévère, car l'appui diminuant sur la langue, il est renforcé sur les barres, endroit où les dents sont absentes, qui sont plus sensibles.
Variantes du mors de bride :
mors Lhotte : mors de bride sur lequel les branches sont fixes par rapport au canon.
mors Saumur ou « à pompe » : mors de bride sur lequel les branches passent au travers de trous ménagés au travers des extrémités du canon. Les branches ont ainsi une liberté, toute relative, à la fois en rotation et en translation, ce qui rend ce mors plus décontractant et progressif par variation de la longueur du bras de levier.
Mors anglais
Ce mors est une sorte d'intermédiaire entre le filet et le mors[1].
Mors espagnol
Ce mors ressemble fortement au mors de filet Verdun, il est cependant équipé d'une gourmette. Dans sa variante à passants, deux encoches sont ajourées dans l'épaisseur du « D » de l'anneau, ce qui rend le montant et la rêne fixe, c'est alors un mors relativement puissant. Dans sa variante sans passants, la rêne peut coulisser librement le long de la courbure de l'anneau, en fonction de la rotation du mors. Une résistance légère sur la rêne placera celle-ci près du canon avec un effet de levier minimal. Une traction forte fera tourner progressivement le mors, et la rêne s'éloignera de plus en plus du canon, rendant le mors de plus en plus sévère.
Pelham à canons brisés
Pelham
Ce mors ressemble fortement au mors de bride. Cependant, il peut avoir un canon brisé, et dispose toujours d'un gros anneau au niveau du canon, qui permet d'y fixer une seconde paire de rênes. Le fonctionnement du pelham et sa sévérité dépendent essentiellement du point de fixation des rênes.
Utilisé sur l'anneau du haut, le pelham est légèrement releveur. Ce mors est un peu plus puissant qu'un filet.
Utilisé sur l'anneau du bas, le pelham est abaisseur. Dans cette utilisation, le pelham est un mors extrêmement puissant.
Utilisé avec une « alliance », terme désignant un passant de cuir reliant les deux anneaux, sur lequel sont fixé les rênes, sa puissance devient variable, suivant un principe identique au mors espagnol, mais avec une sévérité accrue.
Utilisé à quatre rênes, il s'agit d'une alternative à la bride, bien que la précision soit bien moindre.
Il fut le mors réglementaire de la cavalerie des États-Unis[2].
Le pelham est souvent utilisé pour les chevaux de club à bouche dure : les cavaliers débutants à la main peu assurée peuvent ainsi le monter avec les rênes sur l'anneau du haut, les cavaliers plus confirmés avec des alliances, et les cavaliers chevronnés avec quatre rênes. Le tout, sans jamais avoir à démonter le bridon.
Hackamores, bosals et autres équipements de ce type
Stricto sensu, ces dispositifs ne sont pas des embouchures, puisqu'ils ne comportent aucune partie dans la bouche et agissent par pression sur le chanfrein. Il est cependant habituel de les ranger dans la catégorie des mors.
Le hackamore comprend un anneau de direction, prolongé par deux tiges au bout desquelles sont fixées les rênes.Le bosal est un ovale de cuir dur attaché à la tétière. Sur son extrémité inférieure, sous l'auge, est fixée une cordelette sur laquelle agissent les rênes[3].
Side-pull et licol sont comparables si on attache les rênes aux anneaux latéraux. La différence entre les deux vient surtout de la muserolle plutôt rigide du side-pull alors que celle du licol est molle.
A la différence des mors qui agissent sur la bouche, licol, bosal, side-pull et hackamore agissent sur la tête. De ce fait, ces derniers sont moins directifs et moins fins que les mors. En principe il sont moins contraignants, aussi le cheval y répond souvent volontiers. Un autre avantage est que le cheval peut boire ou manger sans être gêné par son mors. Ce sont donc des « embouchures » particulièrement adaptées à l'équitation d'extérieur [4].
Matériaux utilisés
Les mors peuvent être fait de différents matériaux.
Nickel : très bon marché, mais rouille facilement ;
Inox : résiste mieux, mais plus cher que les mors en nickel ;
Laiton : son principal interêt est esthétique. Sa couleur s'accorde parfaitement avec les boucles du bridon ;
Cuivre : son principal interêt est l'action decontractante qu'il aurait sur le cheval. En effet le cuivre libère des ions qui engendre une salivation du cheval. De part ses propriétés (souple et fragile), le cuivre est souvent utilisé en alliage (maillechort) ;
Caoutchouc, cuir ou matériaux synthétiques (résine) : le but est le même, adoucir l'action du mors, particulièrement pour les jeunes chevaux. Ces mors sont moins punitifs, que leurs équivalents en métal non recouvert. La souplesse de ces matériaux permet de faire des canons souples afin d'éviter l'effet "casse-noisette" d'un mors articulé, tout en ayant un appui plus léger sur la langue qu'un mors à canon rigide.
Palefrenier
Palefrenier au travail dans une écurie
Le palefrenier est un employé chargé de l'entretien et des soins aux chevaux. Le terme de palefrenier-soigneur est parfois utilisé.
Le palefrenier se charge du nettoyage des écuries et des soins quotidiens aux chevaux : nourriture, pansage, surveillance des poulinages, soins vétérinaires élémentaires. Parfois, il peut être amené à faire la détente des chevaux. Il entretient aussi le matériel d'équitation comme les selles, harnais, brides, etc. Dans les grandes écuries, le palefrenier peut ne conserver que les tâches de soins aux chevaux, le nettoyage des boxes étant alors laissé à des agents d'entretien. Inversement, dans les petites structures, le métier consiste aussi à s'occuper des manèges, carrières, pâtures ou lieux collectifs.
La journée du palefrenier commence tôt, souvent à six heures du matin, pour s'adapter au rythme des chevaux. Le métier est physique, voire pénible, mais apporte la satisfaction d'être en contact avec les équidés. Le palefrenier est même celui qui est le plus souvent avec les chevaux dans un club équestre. Des notions de maréchalerie et surtout de bricolage sont un plus. Le permis poids lourd est aussi un atout.
La formation de palefrenier s'effectue en trois ans à travers d'un CAPA de palefrenier ou CAPA de palefrenier-soigneur. Les débouchés sont difficiles. Plus le palefrenier est polyvalent, plus il pourra évoluer. Les palefreniers qui sont aussi cavaliers peuvent travailler sur le débourrage d'un cheval.
Muserolle
La muserolle est une partie de filet (ou bridon) qui empêche le cheval d'échapper pas aux actions de la main en évitant par exemple qu'il ouvre la bouche lorsque le cavalier utilise les rênes pour une demande d'arrêt. Elle se règle différemment selon le type : une muserolle française se règle sous les montants du filet ; une muserolle allemande se règle au-dessus des anneaux du mors ; enfin, une muserolle combinée se règle à la fois comme une muserolle allemande et comme une muserolle française car elle est composée en quelque sorte de deux muserolles.
Cravache
Cravache standard d'équitation
La cravache est un bâton utilisé par le cavalier en équitation en tant qu'aide artificielle ou instrument de punition.Elle est composée de trois parties :une poignée munie d'un vêtement anti-déparant ; une tige, en plastique ou en fibre de verre ; une claquette située à l'extrémité et qui sert à faire du bruit au moment de l'impact. Une large claquette procure un bruit plus impressionnant tout en faisant moins mal.
Les cravaches sont plus ou moins longues, plus ou moins épaisses, de couleurs différentes, voire décorées de façon originale. Elles ont aussi des formes variées de poignée et de claquette. Certaines cravaches sont munies d'une dragonne qui permet de ne pas les faire tomber, mais qui s'avère gênante pour les changements de main. Une bonne cravache standard est équilibrée, munie d'une poignée anti-dérapante qui tient bien en main, avec une tige flexible et dynamique et avec une claquette souple et large. Un test simple: tenir très légèrement et à l'horizontale la cravache par la base de la poignée. Celle ci doit rester parfaitement en équilibre.
Types de cravache
Deux types de cravache existent :
cravache standard : sa longueur est limitée à 75 cm. Elle est utilisée en saut d'obstacles. Elle est généralement en fibres de verre, recouverte de polyester. Elle est bon marché, et convient plutot à un débutant, qui s'en servira surtout pour maintenir l'impulsion.
cravache 'obstacle : Elle est beaucoup plus courte, (40 à 50 cm), plus epaisse, et sa claquette est beaucoup plus large (env 5 cm). Elle ne dispose pas de dragonne. Sa petite taille empêche une action précise, mais elle est très peu encombrante. On l'utilise aussi en course (pour ne pas géner les autres concurrents) et en cross (les obstacles sont parfois sautés de manière acrobatique, il est plus facile de gérer une petite cravache).
cravache de dressage : appelée aussi stick, elle est longue, fine, souvent de couleur noire et n'a pas de dragonne. Son rôle est d'agir sur les hanches du cheval, donner une indication au niveau des jarrets ou l'inciter à mobiliser davantage son arrière-main. La cravache de dressage peut être une houssine, longue badine en bois de houx ou de noisetier.
La cravache ne doit pas être confondue avec la chambrière qui est utilisée en travail à pied.
Utilisation en sport équestre
La cravache a plusieurs rôles :
Renforcer l'autorité du cavalier : beaucoup de chevaux travaillent davantage rien qu'à la vue d'une cravache tenue par le cavalier. Des petits et brefs coups de cravache sur l'épaule, sans relâcher le contact des rênes avec la bouche, stimulent le cheval en cas d'hésitation.
Corriger le cheval : en cas de désobéissance ou de mauvaise volonté persistante, le cavalier donne un coup de cravache sur le flanc par une action ferme mais non brutale. La punition doit se produire dans les deux secondes de la faute.
Donner une leçon de jambe : cette action éducative consiste à fermer ses jambes pour obtenir un mouvement en avant du cheval. En cas de réponse insuffisante, un petit coup sec de cravache est donné derrière la jambe du cavalier, les rênes étant tenues dans une main pour laisser au cheval la liberté d'avance.
Même si des personnes jugent cruelles l'utilisation de la cravache, elle reste un des seuls instruments de coercition disponibles pour le cavalier face à un cheval qui refuse la soumission. Dans les faits, la cravache sert peu sauf par son action psychologique. Une cravache bien utilisée ne fait pas de mal au cheval. On ne doit pas retrouver de trace de coup sur le corps.
La cravache est interdite en compétition de dressage sauf en monte amazone.
Éperon
En équitation, l'éperon est un instrument qui se fixe sur la cheville du cavalier. Il s'agit d'une aide artificielle qui prolonge l'action de la jambe en la renforçant et en la rendant plus précise.
Description
Éperon prince de Galles
Un éperon est formé de deux branches en forme de U avec une tige à sa base et maintenu par une courroie au niveau de la cheville du cavalier, sur la botte ou la chaussure.
Le cavalier porte l'éperon dès qu'il a atteint un niveau permettant une fixité des jambes et dès qu'il a besoin de mobiliser les hanches du cheval au dressage. En saut d'obstacles ou en cross, l'éperon permet de maintenir l'impulsion tout en permettant de contrôler plus finement l'incurvation du cheval dans les tournants. Contrairement à une idée reçue, l'éperon est bien plus un outil de précision qu'un moyen de coercition. Sa précision et son efficacité ont fait dire à François Baucher : « l'éperon est un rasoir dans les mains d'un singe ».
L'éperon est aussi utilisé par le chevalier et en monte américaine. Dans ce dernier cas, on l'utilise aussi comme outil de précision par exemple pour le reining et la plaisance western, où les figures demandent de la précision. Le préjugé selon lequel on utilise l'éperon à des fins correctives est faux.
Forme des éperons
Prince de Galles avec une tige longue de 35 mm
Il existe différentes formes d'éperon. La longueur et la forme de la tige déterminent son action ainsi que la présence d'une molette à dents ou d'une molette lisse.
Longueur de la tige
Pour un éperon classique la tige est généralement de 20 ou 35 mm. Les tiges des éperons américains pour l'équitation Western sont souvent plus longues. En fait, plus le cavalier chausse long et plus ses pieds, de par leur position plus basse, se retrouvent loin du corps du cheval. Aussi, pour conserver un contact fin, il est plus approprié de s'équiper avec des éperons à longues tiges.
Présence d'une molette
La molette est une rondelle métallique tournant librement autour d'un axe au niveau de la tige de l'éperon. Elle peut être lisse ou dentée. Les molettes lisses adoucissent l'action de l'éperon en permettant à celui-ci de glisser sur le poil en cas d'action mal dosée. Plus la molette lisse est grosse et plus elle adoucit l'action. La molette à dents dose légèrement ou durcit l'action des jambes en fonction de la longueur et de la finesse des dents ainsi que de la taille de la molette.
Accessoires
Courroies
Les courroies servent à maintenir l'éperon fixé à la cheville.
Gaine de caoutchouc
Une gaine de caoutchouc peut être ajustée sur les branches de l'éperon. Son rôle est d'accrocher la botte pour éviter que l'éperon glisse et descende en bas du talon.
Modèles d'éperons
Généralités
Éperon à tige droite et molette lisse.
Il existe de nombreux modèles d'éperons sur le marché mondial. Certains sont adaptés à un sport équestre particulier d'autre sont plus « génériques ». D'une façon très générale, le choix des éperons dépend de trois facteurs principaux : la discipline pratiquée, le tempérament du cheval et le niveau du cavalier (fixité des jambes).
Discipline pratiquée : plus la discipline exige de chausser court, plus les tiges d'éperons sont courtes.
Tempérament du cheval : plus le cheval est sensible et réactif aux actions de jambes, plus l'effet des éperons devra être dosé. L'éperon le plus doux est celui à grosse molette lisse.
Niveau du cavalier : plus le cavalier est débutant, plus ses éperons doivent être doux avec une tige courte.
Modèles
Éperon à bouts ronds : éperon court dont la tige se termine par une boule.
Éperon col de cygne : éperon dont la tige remonte verticalement puis s'oriente progressivement vers l'horizontale à son bout, donnant à la tige une forme de cou de cygne. Cette forme est utile aux cavaliers aux longues jambes qui pratiquent une équitation nécessitant de chausser long (dressage, équitation Western, etc.).
Éperon marteau : éperon à longue tige dont le bout est évasé pour augmenter la surface de contact avec le corps du cheval. S'il est employé en équitation de saut d'obstacles, il exige une fixité sans faille de la jambe, notamment pendant le saut.
Éperon Pessoa : éperon de toutes formes dont les branches sont recouvertes de caoutchouc et dont les passants de courroies sont en forme de "S" pour limiter le déréglage de la longueur[1]. L'illustration ci-dessous montre un éperon Pessoa muni d'une tige courte avec une grosse molette lisse. Ce type d'éperon est particulièrement adapté au saut d'obstacles et au cross pour les chevaux chauds[2] et sensibles.
Éperon prince de Galles : éperon de 20 ou 35 mm. La tige est légèrement inclinée vers le bas et son bout possède des formes variées selon l'effet plus ou moins « attaquant » recherché.
Éperon Schultheis : éperon à longue tige et à molette dentée dont les pointes des dents sont arrondies pour un meilleur dosage de l'action.
Étrier (équitation)
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Étriers
En équitation, on appelle étrier chacun des deux anneaux métalliques, suspendus de chaque côté de la selle, où le cavalier vient glisser ses pieds pour prendre appui. L'étrier comporte un œil pour passer l'étrivière — la courroie en cuir qui le relie à la selle — et une base plate appelée plancher, où repose la semelle du cavalier.
Les étriers peuvent être fabriqués en acier inoxydable, en carbone ou en aluminium. Ils permettent de se mettre en selle plus facilement et aussi de garder un bon équilibre une fois à cheval. Plusieurs types de semelles anti-dérapantes peuvent venir recouvrir le plancher pour éviter au pied de glisser.
Il est à noter que la selle d'amazone ne comporte qu'un seul étrier.
Historique
L'étrier a été introduit en Europe à partir de la Chine par la Scandinavie à partir du VIe siècle.
Avant la découverte de l'étrier, les combattants à cheval envoyaient comme projectile des javelines, dont la vitesse s'ajoutait simplement à celle du cheval. L'utilisation de l'étrier a permis aux cavaliers d'améliorer l'efficacité des lances, employant ainsi l'énergie cinétique complète du cheval et du cavalier lors des chocs entre adversaires. L'invention de l'étrier a aussi induit une meilleure stabilité des archers à cheval. En effet, les mouvements du cheval en course sont une gêne qui empêche de viser avec exactitude. Avec les étriers, les archers ont pu se dresser dessus pour amortir le mouvement du cheval.
Types d'étriers
Il existe différents types d'étriers convenant à différentes utilisations :
Étriers droits ou « classiques » : ils possèdent deux branches symétriques, d’un seul tenant et fixes. Idéals pour débuter, ils sont généralement les plus vendus.
Étriers compensés : ils possèdent deux branches asymétriques (l'une est plus courte) et leur œil est décalé vers le cheval. Ils permettent une meilleure adhérence de la jambe du cavalier.
Étriers articulés : ils sont utilisés en saut d'obstacles, car ils donnent une plus grande mobilité à la cheville. Ils suivent les mouvements du pied du cavalier quel que soit l'angle et lui permettent de se libérer plus facilement en cas de chute.
Étriers de sécurité : ils s'ouvrent en cas de chute du cavalier pour libérer ses pieds et lui éviter d'être traîné par sa monture.
Étriers camarguais : ils possèdent une très large semelle permettant de poser le pied bien à plat pour plus de confort. Une armature à l'avant permet de protéger le pied des chocs éventuels.
Étriers Western :
Étrivière
En équitation, l'étrivière est une pièce souvent en cuir reliant la selle à l'étrier. Elle se referme sur elle-même. Elle possède une boucle et des trous pour pouvoir attacher la boucle de l'autre côté. L'étrivière est attachée au couteau de la selle et passe dans un trou dans l'étrier. Elle est réglable : en rapprochant la boucle de la selle, la longueur est raccourcie et inversement.
L'étrivière est une des parties les plus fragiles de la selle car elle subit de fortes tensions, notamment en saut d'obstacles ou en cross. Il est donc prudent de bien vérifier les deux coutures de ces dernières. Les étrivières peuvent aussi se casser au niveau de la boucle qui cisaille le cuir si elle possède des bords trop carrés. Pour éviter ce phénomène, les étrivières de bonne qualité possèdent des boucles à bords arrondis.
Les étrivières en cuir non doublées, réalisées dans du cuir non prévu à cet effet, de part les fortes tractions qu'elles subissent, s'allongent peu à peu. Il est donc recommandé de les raccourcir régulièrement pour conserver la même longueur. Ce procédé est toutefois déconseillé, car les étrivières ne s'allongent pas de la même longueur; cela est du au fait que le poids du cavalier peut ne pas être réparti sur les étrivières de la même façon d'un côté par rapport à l'autre, et que le cuir d'une étrivière se comporter différemment d'une étrivière l'autre. Le fait de couper les étrivières ne règle pas le problème des trous qui risquent de ne plus être au même niveau sur les deux sangles. Pour éviter l'inconvénient du rallongement des étrivières au cours du temps, il existe des modèles doublés d'un tissu en nylon.
Pour ne pas que les étrivières en cuir s'allongent, il faut qu'elles soient fabriquées dans un cuir pré étiré, tanné chrome et fini au tannage végétal. Le fait de pré étirer le cuir dans une machine à cet effet, permet à l'étrivière de conserver sa longueur initiale, l'étirement ayant été pratiqué artificiellement. De ce fait, l'étirement dû aux contraintes des sauts, tant à l'obstacle qu'en cross, est quasiment nul. La boucle est cousue à trois coutures, et avec ce type de cuir, il est superflu de renforcer l'étrivière par de la sangle en nylon. La sangle nylon est utilisée avec des cuirs qui n'ont pour rôle que d'habiller la sangle, et c'est le nylon qui encaisse les efforts et non le cuir.
Selle (équitation)
Selles
La selle désigne un objet, généralement en cuir, placé sur le dos d'un cheval et sur lequel le cavalier s'assoit.
Cheval sellé
En fonction de l'équitation pratiquée, les selles sont de formes variées mais adaptées au dos du cheval. Certaines selles sont dites mixtes car elles conviennent à plusieurs disciplines. Les centres équestres enseignant plusieurs disciplines parmi le dressage, le saut d'obstacles, le complet, les pony games, le horse-ball, sont en général pourvus de ce type de selle. À noter qu'il est aussi possible de pratiquer l'équitation de loisir (petite randonnée, promenade) avec des selles mixtes.
Les cavaliers qui souhaitent évoluer jusqu'à un niveau d'expertise devront consentir à investir dans une selle spécialisée et fabriquée sur mesure.
Description
Selle nue
Selle western sans arçon.
La forme de la selle est induite par une armature rigide, le plus souvent en bois ou en fibre de verre, appelé arçon. Autour de cette armature sont agencées différentes pièces généralement en cuir, parfois en matière synthétique :
Le pommeau est une partie bombée à l'avant de la selle, sous laquelle le garrot doit pouvoir s'articuler librement. On dit que la selle doit être bien dégarrotée. Le garrot est une partie très sensible du corps du cheval. La moindre gêne à ce niveau peut affecter la motricité entière de l'animal. La forme du pommeau est donc primordiale dans le choix d'une selle.
Le siège est la partie où l'on s'assoie.
Le troussequin est la partie arrière de la selle.
Les quartiers sont de larges pièces généralement souples sur les côtés de la selle.
Les couteaux sont des parties métalliques très solides sur lesquelles coulissent les étrivières au bout desquelles se trouvent les étriers. Ils disposent souvent d'une charnière mobile à l'arrière. Cette charnière permet d'assurer la fixité de l'étrivière, tout en permettant sa libération sous une forte traction (cavalier tombé, pied coincé dans l'étrier)
Selle vue par en-dessous
Les taquets sont des pièces rigides fixées sur les quartiers. Les taquets servent à maintenir les jambes du cavalier en place. Des taquets peuvent se trouver à l'avant des quartiers, à l'arrière, à l'avant et à l'arrière de la selle suivant les spécificités de la selle. Certaines selles n'ont pas de taquets.
Une selle est appelée selle équipée lorsqu'elle est pourvue des étrivières, des étriers et d'une sangle. Une selle qui n'a pas ces éléments est dite selle nue.
La surface extérieure d'une selle est généralement du cuir. Il existe également des selles en matière synthétique. Leur entretien est facile mais leur durée de vie est moindre, soit, pour les modèles les plus hauts de gamme, une petite dizaine d'années. Ce faible coût par rapport aux selles en cuir les rends donc particulièrement indiquées pour les cavaliers montant de manière peu intensive, ou pour des jeunes en pleine croissance ayant besoin d'une selle technique et bon marché. Ces selles s'adaptent au dos du cheval, grâce à un jeu d'arcades ouvrant plus ou moins le pommeau pour y loger le garrot du cheval. De plus, des accès faciles à des logements vides permettent de modifier l'assise sans toucher à la matelassure initiale, souvent composée d'air sous pression.
À noter qu'il existe aussi des selles sans arçon[1](photo ci-contre) qui peuvent être utilisées pour toutes les disciplines, et notamment le dressage, la randonnée ou l'équitation western. Ces selles ont l'avantage d'épouser parfaitement l'anatomie du cheval et d'accompagner ses mouvements grâce à leur souplesse. Elles permettent également de ressentir au maximum les mouvements du cheval. Le seul inconvénient est qu'elles sont plus couteuses que les selles ordinaires.
Entretien
Un bon entretien est une garantie pour la longévité de la selle.
Selle neuve : le cuir, matériau naturellement fibreux et poreux, doit être nourri plusieurs fois avant sa première utilisation afin d'acquérir souplesse et confort. L'huile de pied de bœuf ou une huile végétale prévue pour cela sont indiquées. Ces huiles sont appliquées à l'aide d'un pinceau souple et propre. Certains selliers, comme Frédérick Butet par exemple, huilent les selles une ou deux fois avant de les livrer à leur propriétaire[2]. À noter que la couleur « havane » (brun clair) peut foncer de plusieurs tons après absorption de l'huile.
Entretien courant : l'idéal est de passer une éponge enduite de savon glycériné après chaque utilisation. Ce savon nettoie le cuir tout en le nourrissant. Un cuir non entretenu, quelle que soit sa qualité, devient sec et se craquèle.
Après la pluie : il est conseillé de laisser sécher la selle loin d'une source de forte chaleur. En effet la température de séchage doit être tempérée afin d'éviter un dessèchement trop rapide. Une fois la selle sèche, une huile (de pied de bœuf ou végétale) est appliquée et elle est mise à sécher de nouveau.
L'huile a aussi la fonction de protéger la selle des projections de sable, des frottements importants et évite une pénétration trop forte de la pluie.
Modèles
Il existe différents modèles de selles qui dépendent de l'utilisation du cheval et/ou du pays d'origine.
Selle de dressage
Selles de dressage
Comme les cavaliers de dressage chaussent long, avec une longueur d'étrivière importante pour mieux encadrer le cheval avec les jambes, les quartiers de ces selles descendent bas, afin que le haut de la botte n'accroche pas le bas du quartier de la selle.
Afin de maintenir la position idéale du cavalier, les sièges sont creux et les quartiers possèdent d'importants taquets avant. Ces taquets peuvent être appelés bananes lorsqu'ils descendent sur toute la longueur avant du quartier. Ces selles ne possèdent souvent pas de taquets à l'arrière afin de faciliter le recul de la jambe qui peut ainsi être utilisée pour demander certaines figures de dressage.
Elles sont conçues pour coller au cheval afin de permettre au cavalier de ressentir les moindres mouvements de son cheval.
Ces selles disposent d'une sangle spéciale, très courte. En effet, les boucles de la sangle ont tendance à créer des surépaisseurs sous les quartiers. Pour conserver un contact optimal entre la jambe du cavalier et le flanc du cheval, les sanglons sont rallongés et la sangle raccourcie afin que le point de sanglage se situe en dessous du quartier de la selle.
Selle d'obstacle
Selles mixtes sauts et loisirs
La forme générale de cette selle est un compromis afin de permettre au cavalier d'être près du corps du cheval pour optimiser les sensations, et d'amortir les chocs à la réception d'un saut grâce à d'épaisses matelassures. Les quartiers sont généralement plus allongés vers l'avant afin que le genou du cavalier en suspension puisse s'y poser.
Elle peut être dotée de taquets à l'avant et à l'arrière afin de limiter les mouvements de jambes. Le siège peut être de presque plat (pour favoriser la liberté de mouvements) à demi-creux (pour permettre meilleure fixité de position) en fonction du style de chaque cavalier.
Autres selles
Selle de course
Selle de cross
Selle de randonnée
Selle d'endurance
Selle de voltige
Selle de Voltige cosaque
Selle de TREC (Technique de randonnée équestre de compétition)
Selle de polo
Selle mixte
Selle amazone
Selle mexicaine
Selle australienne
Selle camarguaise
Selle espagnole
Selle portugaise
Selle islandaise
Selle d'arme
Selle de vaquera
Selle de roping
Selle de cutting
Selle à piquer
Selle de débourrage
Selle Western
Selle de baril
Le fer à cheval
Le fer à cheval est une bande de métal recourbée en U servant à protéger de l'usure le dessous des sabots des équidés. L'invention date du IXe siècle. Le maréchal-ferrant est l'artisan spécialiste du ferrage des chevaux. Autrefois sédentaire et de surcroît forgeron, le maréchal-ferrant moderne est spécialisé et déplace son matériel d'un site à l'autre pour ferrer les équidés là où ils se trouvent, même sur leurs lieux de pâturage. Selon l'emploi fait du cheval, c'est-à-dire travail ou équitation, et l'état ou pathologie des sabots (ferrure orthopédique), les fers ont différentes formes et sont constitués de matériaux adaptés.
Historique
Les Grecs ne connaissaient pas la ferrure. Xénophon mentionne l'embatai, pièce de cuir lacée pour protéger les pieds dans les terrains abrasifs. Vers 330 avant JC, les opérations militaires de cavalerie d'Alexandre le Grand ont dues être interrompues pour permettre aux chevaux de reformer la corne de leurs pieds. Toutefois, l'opinion de Diderot dans son encyclopédie est différente[1] ; cependant, Homère et Appien font mention d'un fer à cheval, le premier dans le 151e vers du second livre de l' Iliade, l'autre dans son livre de bello mithridatico. Les Romains ont inventé l'hipposandale : pièce de métal recouvrant la corne et remontant en partie sur le sabot, maintenue par des lacets de cuir. Il est mentionné que l'empereur Néron faisait ferrer ses chevaux de fers d'argent, et sa femme Poppée ses mules d'or[2]. Le moyen de tenue n'est hélas pas précisé. Une forme moderne de l'hipposandale existe de nos jours mais son utilisation est marginale. Des fouilles des tumuli de guerriers mongols de cette époque ont retrouvé des fers circulaires, fixées uniquement sur leur bord d'appui externe.
Différents types de fer utilisés pendant la Première Guerre mondiale
Au début du Moyen Âge, apparaît le fer cloué. Le pinçon apparaît lui vers le XVe siècle.
La maréchalerie se codifie avec Jacques de Solleysel [3](1664), A de Garsault[4] (1771), Philippe-Étienne Lafosse[5] (1803), et Claude Bourgelat[6] (1804). Avec le développement de l'art vétérinaire, apparaissent au XIXe siècle et XXe siècles des ferrures orthopédiques complexes. Le XXe siècle voit avec l'apparition de nouveaux matériaux et alliages, le développement des fers en aluminium, en matière plastique, les amortisseurs à base de silicone et les résines composites pour renforcer la paroi des sabots.
Parties du fer
Vue d'un pied ferré en coupe
Clou à ferrer
On décrit au fer quatre parties, la pince (partie avant), la mamelle puis le quartier (parties latérales) et enfin l'éponge (partie arrière). Les bords du fer sont appelés rives, la distance entre les rives est appelée couverture. La voûte est la rive interne du fer correspondant à la pince en rive externe. Les fers sont percés de trous destinés à permettre le passage des clous. L'extrémité du trou située vers le sol est appelée étampure, celle dirigée vers le sabot est appelée contre-perçure. Le fer est dit étampé à gras quand les étampures sont éloignées de la rive externe, étampé à maigre dans le cas contraire. Les pinçons sont des rebords du fer, de forme triangulaire, destinés à stabiliser la tenue du fer. Le plus souvent, les fers antérieurs portent un seul pinçon tandis que les postérieurs deux. Les mortaises à crampons peuvent être creusées sur le fer ; il s'agit d'orifices filetés permettant de visser des crampons sur le fer afin d'améliorer la tenue sur terrain glissant. La garniture est la largeur du fer dépassant à l'extérieur du pied et l'ajusture la partie du fer qui n'est pas en contact avec le sabot à l'intérieur du pied. L'ajusture est parfois biseautée pour soulager l'appui de certaines parties du pied. Les fers antérieurs sont de forme arrondie, de largeur et de longueur presque égales. Les éponges sont identiques à celles des posterieurs. Les fers postérieurs sont plus ovales, et de part le fait qu'ils ont en general deux pinçons au niveau des mamelle, il est possible d'ainsi « reculer » le fer, c'est-à-dire le mettre plus arrière du pied. Ainsi, le cheval risque moins de se toucher les antérieurs en se déplacant. On distingue les fers droits des fers gauches par leur branche interne plus droite et étampée plus à maigre que la branche externe.
Clous
Les clous à ferrer comportent plusieurs parties :
la tête, composée de la frappe destinée à recevoir les coups de marteau, et le collet qui va s'enfoncer dans l'étampure. Le collet du clou doit être adapté à l'étampure et à la rainure du fer.
la lame de longueur adaptée à la taille du pied est prolongée par le grain d'orge.
le grain d'orge est un renflement qui fait dévier le clou vers l'extérieur du pied. La partie oblique du grain d'orge est appelée affilure, elle doit être placée vers l'intérieur du pied.
une fois le clou planté, son extrémité extérieure est recourbée et coupée formant ainsi le rivet.
Méthodes de ferrure
Travail pour ferrer les chevaux lourds
ferrure à la française : le fer est chauffé puis ajusté à la tournure plantaire du pied. La corne étant un isolant, le fer peut être posé à chaud, pour permettre de rectifier sa tournure après vérification lors du posé. Le maréchal-ferrant se fait seconder par un aide (« le teneur de pieds ») qui maintient le sabot à la main en s'aidant d'une lanière de cuir.
ferrure à l'anglaise : le maréchal-ferrant ferre seul, à chaud ou à froid, en maintenant le sabot sur ou entre les genoux. Cette méthode de ferrure s'est généralisée en France. Outre l'économie d'une personne, elle permet au maréchal-ferrant d'avoir une bonne vision du sabot.
ferrure au travail : Le cheval est immobilisé dans un bâti au moyen de sangles. Cette technique n'est guère plus utilisée, elle servait principalement pour les bœufs et les chevaux lourds. Elle est considérée comme très coercitive et réservée aux cas difficiles ou aux chevaux lourds qui n'ont pas appris a donner les pieds convenablement, comme cela arrive parfois chez les jeunes chevaux de traits.
Article détaillé : Maréchal-ferrant.
Différents types de fers
les fers couverts en général moins épais, permettent une meilleure protection du pied. Ils peuvent être élargis dans leur ensemble ou seulement dans une partie (demi-couverts, couverts en pince, en éponge, etc). Les fers dégagés sont plus étroits et légers, ils sont principalement utilisés en course. Les fers nourris sont plus épais que la normale, ils peuvent être à la marchande c'est-à-dire d'épaisseur constante ou nourris en pince, en mamelle, en branche interne ou externe. Ces fers s'utilisent pour remédier à des défauts d'aplomb ou pour protéger des pieds sensibles. Les fers tronqués dans diverses parties sont utilisés pour protéger les membres des chevaux qui forgent (touchent l'éponge du fer antérieur avec la pince du postérieur) ou s'atteignent (se blessent les membres avec leur fer). Les fers à pantoufle ou désencasteleurs ont la rive interne plus épaisse que la rive externe pour permettre aux talons de s'écarter. Les fers à planche ont les éponges réunies par une barre de métal permettant un bon appui au niveau de la fourchette. Ils sont utilisés dans la ferrure de la maladie naviculaire.
les fers schneider ont une planche réunissant les éponges et une seconde, perpendiculaire à la première fixée sur la voute, est utilisé dans les fourbures. Les fers ovales ou egg bar shoes soulagent la partie postérieure du pied. Les fers à tous pieds sont utilisés comme secours en randonnée. Ils sont articulés en pince et percés de nombreuses étampures, de façon à ne pas devoir transporter un assortiment complet de fers. Les fers inversés dont la pince est dirigée vers l'arrière sont utilisés pour favoriser le déroulement de la foulée.
les fers en plastique type Easywalker (TM) peuvent permettre un meilleur confort et un allègement de la ferrure. Des plaques de cuir ou de matière plastique peuvent être interposées entre le fer et le sabot. Elles jouent un rôle de protection de la sole et d'amortissement. Du silicone peut également être injecté sous la plaque pour en renforcer les effets. Les fers en M : au lever du pied, le fer dessine un M dont la branche médianne soutient la fourchette ; ils sont utilisés dans le traitement de la fourbure et soulagent fortement le cheval.
Accidents de ferrure
la piqûre est la pénétration d'un clou dans les parties vives du pied.
l'encloure est une piqûre non rectifiée avec souvent formation d'un abcès.
le pied serré est la conséquence d'un fer broché trop près des éponges et ne permettant pas à la fourchette de jouer son rôle amortisseur.
la sole chauffée ou brûlée est due à l'application trop prolongée d'un fer trop chaud.
Hippologie
On dit « Pas de pied, pas de cheval », ce qui résume l'importance de la santé des pieds du cheval pour fournir un travail. Le fer à cheval joue un rôle de protection du sabot et l'épargne d'une usure prématurée. En fonction de la vitesse de pousse de la corne et des conditions d'utilisation du cheval, la ferrure devra être renouvelée toutes les 6 à 8 semaines. Dans la nature, un cheval n'a pas besoin de fer car la vitesse de pousse de la corne est égale à sa vitesse d'usure.
On a pris l'habitude de ferrer le cheval domestique, soumis à des contraintes de travail (porter un cavalier, se déplacer sur des sols abrasifs comme le sable). Certains chevaux domestiques ne nécessitent pas de fer aux pieds postérieurs.
Porte-bonheur
Légende de saint Dunstan
Le fer à cheval est considéré comme un objet ayant des vertus porte-bonheur. Cette vertu légendaire vient sans doute du fait qu'un fer à cheval égaré était revendu au forgeron et permettait ainsi d'en récolter quelques espèces sonnantes et trébuchantes[7]. Les fers à cheval, du fait du martelage à froid qu'ils subissent, étaient refondus pour divers usages. Les fers à cheval usagés et reforgés étaient nommés lopin bourru. Le fer en tant que métal protégerait des mauvaises influences et du malheur. On voit également dans sa forme l'initiale du Christ ou le croissant de lune, symbole de fertilité et de chance. Pour porter bonheur, le fer doit être placé les éponges vers le haut : « pour que le bonheur ne tombe pas » ! Il faut également qu'il soit trouvé par hasard sur la route, et de préférence encore muni de ses clous[7]. Une autre origine de cette tradition est la légende de saint Dunstan, forgeron qui deviendra archevêque de Canterbury en 959. Le diable lui ayant amené son cheval à ferrer, Dunstan cloua le fer sur le pied fourchu du démon. Celui ci dut promettre, afin d'être libéré, de ne jamais entrer dans une maison protégée par un fer à cheval.
Pansage
Le pansage consiste à entretenir un cheval en lui prodiguant diverses actions de brossage et de nettoyage. Un cheval domestique doit être pansé chaque jour. Il s'agit d'un travail contraignant, mais indispensable pour tonifier ses muscles, garder sa robe propre et pour le maintenir en forme. Si un cheval vit dehors, il aura besoin de moins de soins bien que ce soit indispensable. Il faut brosser la boue séchée, demêler sa crinière ainsi que sa queue. Les soins des pieds sont également indispensables avant et après le travail. Les vérifications concernent également l'état de la corne, du fer, l'absence de corps étrangers sous la sole. Le pied doit être graissé régulièrement, deux fois par semaine étant la fréquence couramment recommandée. En hiver, pour des chevaux pratiquant beaucoup d'efforts ou produisant une forte transpiration, il est recommandé de tondre l'animal afin de diminuer la transpiration, et de le couvrir à l'aide d'une couverture. Si le cheval n'est pas tondu, il produira un épais poil d'hiver, ce qui va poser des problèmes lors d'un important entraînement, et sera d'autant plus contraignant à panser. Pour remédier à ce problème, il est possible de couvrir le cheval, à partir d'environ 5°C. Bien sûr, cela dépend de la race du cheval. Le pansage, ne sert pas uniquement à nettoyer le cheval. Grâce au pansage, toute la peau est massée et la circulation du sang est ainsi activée. Durant les soins, un rapport d'amitié et de confiance peut être tissé entre l'homme et le cheval ; ce rapport se répercute le plus souvent de façon positive sur l'équitation.De plus, celui-ci permet de détecter certaines blessures. Encore, le fait de ne pas panser un cheval, et de le monter peut provoquer des pressions de sangle, de selle, de têtière, etc...La santé du cheval dépend donc en partie du soin que vous lui apportez.Concernant la fourchette du sabot, celle-ci peut pourrir si elle n'est pas entretenue (c'est ce qu'on appelle des pourritures de fourchette). Cela peut provoquer des troubles plus graves, tel un abcès dans le pire des cas.Pour le soin des fourchettes, vous pouvez utiliser un produit approprié, ou du goudron de Norvège à fréquence d'une fois par semaine.
Fréquence des soins
En plus du nettoyage avant et après que le cheval ait été monté, ce dernier devrait être pansé une fois par jour même s'il n'est pas monté.Quand vous revenez d'un concours hippique et que votre cheval est natté, enlevez-lui ses nattes car si elles restent trop longtemps les crins cassent.
Équipement
Équipement de base pour le pansage d'un cheval :
Etrille en fer ;
Etrille en caoutchouc ;
Bouchon;
Brosse de massage ;
Brosse douce ;
Brosse dure (bouchon) ;
Brosse à sabots ;
Brosse pour la crinière et la queue ;
Peigne ;
Cure-pied ;
Gant de massage ;
Graisse à sabots à appliquer avec un pinceau ;
Deux éponges, une pour les organes génitaux et l'autre pour les yeux et les naseaux. Des lingettes pour bébé au pH neutre sont aussi utilisables ;
Des élastiques pour natter les crins ;
Démêlant pour la crinière et la queue.
La vénerie, ou « chasse à courre » (anciennement « chasse à courre, à cor et à cri »), est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage (traditionnellement cerf, sanglier, renard ou lièvre) avec une meute de chiens, jusqu'à sa prise éventuelle. Seuls les chiens chassent grâce à leur odorat et leur instinct naturel de prédateur, le rôle de l'homme consiste à les contrôler. On chasse à courre en France le cerf, le chevreuil, le sanglier, le renard, le lièvre et le lapin. La chasse à courre est aussi pratiquée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Irlande. La chasse à courre est interdite en Grande-Bretagne depuis 2005[1], ainsi qu'en Allemagne depuis 1933.
Terminologie
Démonstration de vénerie
Le terme de vénerie désigne l'activité de la chasse à courre. Il vient du latin " venari " qui signifie chasser. On parle de grande vénerie pour une « meute » chassant les grands animaux comme le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier ou le loup. La petite vénerie désigne une meute chassant le petit gibier : lièvre, renard, lapin de garenne, ou blaireau. Le terme d'équipage désigne l'entité disposant d'un territoire de chasse et composée d'une meute de chiens et d'un certain nombre de veneurs. L'animal poursuivi utilise différentes tactiques pour échapper à ses poursuivants. Elles sont regroupées sous le terme de ruses et elles sont catégorisées :
-le change par lequel l'animal traverse la voie et côtoie d'autres animaux de son espèce semant la confusion dans la meute qui le suit à l'odorat.
-le passage d'eau quand l'animal poursuivi traverse une rivière ou un étang et interrompt ainsi son « sentiment » (trace olfactive).
-le forlonger consiste à prendre une telle avance que la piste perd sa précision et les chiens vont perdre la trace de l'animal chassé.
-le hourvari correspond à la ruse de l'animal consistant à revenir sur ses voies pour mettre les chiens en défaut. Les chiens se voient ainsi présenter une piste avec un embranchement ou une fourche qui complique la traque et permet de gagner de l'avance (pouvant ainsi mener au forlonger).
Si l'animal traqué est pris, les veneurs sonnent l'hallali qui annonce la mort. L'animal, selon sa nature est soit pris par les chiens, soit servi par un homme armé d'une dague. S'en suit la curée.
La vénerie moderne en France
Au cours d'une journée de chasse, un équipage chasse en principe un animal et un seul. Cet animal dispose, sur son terrain, de très nombreux moyens de défense qui, en moyenne, lui donnent 4 chances sur 5 de l'emporter. Dès lors, il n'est pas étonnant que, dans le prélèvement total effectué par la chasse (un million d'animaux soumis à plans de chasse prélevés en 2005 en France, dont 500 000 chevreuils) sur les espèces concernées, qui sont toutes en progression, la proportion imputable à la vénerie (3 800 animaux sur 13 000 journées de chasse) soit faible (le cerf), très faible (le sanglier, le chevreuil), voire insignifiante (renard, lièvre, lapin de garenne).
Depuis une vingtaine d'année la vénerie française s'est fortement développée ; avec près de 400 équipages, 17 000 chiens et près de 100 000 suiveurs et veneurs, elle est présente dans 69 départements. La France offre en effet des conditions très favorables à l'exercice de la vénerie : la densité des espaces boisés est plus élevée que partout ailleurs en Europe et notre climat tempéré fournit des conditions propres à ce mode de chasse où tout repose sur le travail des chiens. On pratique ce mode de chasse sur tous les continents dans une vingtaine de pays à travers le monde. Le nombre des membres d'équipages appelés « boutons » et autres pratiquants, est de l'ordre de 10 000, le nombre de sympathisants en vélo, à pied, ou en voiture est 10 fois plus élevé : 30 000 « suiveurs » assidus et 70 000 suiveurs occasionnels, aux périodes de vacances notamment. Le public est accueilli gratuitement - depuis le rapport jusqu'à la curée. Et il est de plus en plus nombreux. Jadis apanage de l'aristocratie et d'une toute petite minorité, la vénerie s'est ouverte au XXe siècle sur un public beaucoup plus vaste. Une majorité des équipages sont aujourd'hui constitués en associations, dont les membres paient une cotisation à l'image des sociétaires de clubs sportifs. Ces cotisations sont d'un ordre de grandeur comparable aux actions des sociétés de chasse à tir et aux dépenses consacrées à leurs loisirs, de toutes natures par la plupart des français (de 762 à 2 287 euros). Les équipages accueillent tous les suiveurs, puisque suivre une chasse est gratuit. Elle ne devient payante que pour les boutons ou sociétaires. La seule requête valable pour tous est celle de la courtoisie envers tous, veneurs ou non, suivant la chasse ou se promenant en forêt. On peut suivre une chasse à courre à pied, à vélo, à cheval ou en voiture. D'autre part, l'usage d'armes à feu y est proscrit (sauf par mesure de sécurité dans de rares cas extrêmes).
On relève aujourd'hui 385 équipages dont :
Chemin initialement aménagé pour la chasse à courre
112 de lièvre
77 de renard
87 de chevreuil
38 de cerf
39 de lapin
32 de sanglier
Mais aussi quelques :
17 000 chiens
7 000 chevaux
100 000 veneurs et suiveurs
plus de 2 000 emplois directs et indirects
quelques 300 fêtes de vénerie attirant tous les ans plus d'un million de visiteurs
près de 13 000 journées de chasse par an pour environ 3 800 animaux prélevés
Une tradition séculaire
La technique du courre, consistant à prendre un gibier avec une meute de chiens courants, est connue depuis deux millénaires. Quand on relit les traités de chasse écrits au cours des âges, on est frappé de voir que bien peu de choses ont changé dans les méthodes employées jusqu'ici. C'est que la vénerie s'ordonne autour du chien dont les aptitudes naturelles ne changent pas, et des espèces chassées, dont les défenses ne varient pas davantage. Elle constitue, avec la chasse au vol et la chasse sous terre, la forme de chasse la plus naturelle : elle repose sur la mise en œuvre d'animaux dont l'instinct joue le rôle décisif. L'homme encadre des chiens et les aide, il ne peut pas se substituer à eux.
Paolo Uccello, Chasse nocturne, Oxford Ashmolean Museum
Requérant une grande endurance physique, elle était conçue essentiellement comme un entraînement à la guerre chez les Assyriens. C'est avec la domestication du cheval pour le loisir qu'est née la chasse à courre. En France, C'est sous François Ier que cette pratique s'est transformée en art de vivre séduisant la noblesse française. La chasse à courre fut développée aussi aux Amériques par les Anglais qui importèrent, avec les chevaux, les renards roux d'Europe. Destinée à chasser les animaux rapides, la chasse à courre est devenue un sport (Angleterre) ou une pratique traditionnelle (France).
La vénerie entretient un ensemble de traditions qui constituent un aspect original de notre culture nationale. La connaissance des animaux, la science du chien, s'apprennent sur le terrain au prix d'une longue expérience et se transmettent de génération en génération. Elles représentent une forme de savoir cynégétique remarquable.
La vénerie utilise un langage qui lui est propre, à la fois utile et imagé, qui n'a pas varié depuis des siècles. De nombreuses expressions sont fréquemment utilisées dans le langage courant : donner le change, sonner l'hallali, marcher sur les brisées, être aux abois etc.
Elle n'a jamais cessé, depuis qu'elle existe, d'inspirer les artistes. Ceux d'antan lui ont consacré des œuvres majeures qu'on peut voir dans de très nombreux musées. Aujourd'hui, de nombreux peintres animaliers s'intéressent à la vénerie grâce à trois grands musées (Senlis, Gien, Montpoupon) de nombreuses expositions sont organisées. Le succès des fêtes de la chasse animées par les équipages de vénerie démontre l'attachement du public à ce patrimoine culturel : elles accueillent au total plus d'un 1 million de visiteurs par an.
En France, la Société de Vènerie fête son centenaire en 2007.
Au cœur de la vénerie : le chien courant
Chien typique de chasse à courre
Un équipage n'aurait aucune réussite si ses chiens n'étaient pas créancés (habitués à chasser exclusivement) sur un animal donné (cerf, daim, chevreuil, sanglier, renard, lièvre ou lapin), ou s'ils chassaient plusieurs animaux au cours d'une même chasse et encore moins s'ils ne chassaient pas en meute. Cette soumission aux ordres des chiens résulte autant de leurs origines que du dressage effectué par l'homme, quotidiennement au chenil, et régulièrement à la chasse.
Au sein d'une meute composée de 20 à 100 chiens, les soins apportés aux chiens vont bien au-delà de la nourriture ; il s'agit de vivre quotidiennement au milieu d'eux et de créer une réelle intimité et complicité entre le veneur et ses chiens. La reproduction représente un élément fondamental et c'est l'occasion pour le passionné de réfléchir au meilleur croisement, de rêver au chien idéal. Les qualités recherchées sont la finesse de nez, l'intelligence de la chasse, l'ossature, la vitesse, la résistance et la gorge (aboiement). Il faut noter qu'à la chasse à courre, les chiens crient et n'aboient pas. On n'utilise le verbe aboyer que lors de l'hallali sur pied, lorsque l'animal tient tête à la meute. Les principales races de chiens courants sont :
Le poitevin
Le français blanc et noir
Le français tricolore
L'anglo-français
L'anglo-français tricolore
Le billy
Le fox-hound
Le cheval de chasse
Nombreuses sont les histoires au sein des équipages, où l'on croise des chevaux qui chassent, qui écoutent les chiens et suivent la chasse. Le cheval de chasse est particulier, devant être robuste, calme et endurant. Il est soumis parfois à rudes épreuves, devant supporter la distance, jusqu'à 50km, le climat et le relief. Pour Hubert Parot, cavalier de renommée mondiale, médaillé d'or olympique et veneur, le cheval de chasse est un athlète, au même titre que celui de concours ou celui de course. « Son travail est dur et nécessite des soins attentifs :
A l'entraînement, le cheval doit sortir tous les jours, au moins 5 à 6 km. Il n'est pas nécessaire que cet exercice soit soutenu, une promenade au pas ou quelques heures au paddock suffisent.
Pendant la chasse, il faut savoir régler l'allure du cheval, savoir l'équilibrer et éviter de le mettre hors de son souffle. Il ne faut jamais être "à fond", au contraire, en le retenant suffisamment il trouvera de lui-même son rythme et sa cadence. Le bon cavalier trouvera une occasion pour faire uriner son cheval au milieu de la journée; il retrouvera ainsi de la vigueur.
Le soir de chasse, le cheval doit être douché à l'eau chaude et séché aussitôt. On lui mettra une couverture pour qu'il ait chaud toute la nuit. C'est aussi l'occasion d'observer minutieusement son cheval et soigner la moindre de ses petites atteintes.
Veneurs oui, mais cavaliers aussi ! »
La trompe, instrument de chasse
L'action de chasse est accompagnée de sonneries de trompe (fanfares) qui permettent aux veneurs de communiquer entre eux et avec les chiens. La vénerie française a aussi engendré un instrument de musique : la trompe de chasse, qui est spécifiquement française. La pratique de la trompe est maintenue par tous les veneurs, dont elle est l'instrument de communication à la chasse, mais aussi par des artistes qui savent la porter à la perfection. La trompe de chasse (différente du cor de chasse) est indissociable de la vénerie. Elle lui doit son origine, sa signification et son développement. Les premières fanfares de chasse remontent à 1723 où le marquis de Dampierre écrivit les premières des 3 000 fanfares qui constituent aujourd'hui un patrimoine musical exceptionnel.(d'après le recueil de fanfares de chasse de la Fédération Internationale des Trompes de France, Philidor l'Aîné avait publié la "retraite prise" en 1705 et "La Sourcillade" devenue "la vue" en 1707/09). Les veneurs sonnent des fanfares "de circonstance" pour faire connaître les péripéties de la chasse dont ils sont témoins. Ainsi, le "bien-aller" indique que les chiens chassent "en bonne voie", le "débucher" que la meute est en plaine et se dirige vers un autre massif forestier, le "bat-l'eau" que l'animal de chasse est dans un étang ou une rivière, la "vue" que l'animal de chasse est vu par le sonneur. Au cours de la "curée", cérémonie destinée à rendre hommage à l'animal de chasse et à récompenser les chiens, on sonne à nouveau les fanfares sonnées au cours de la chasse de manière à en rappeler les épisodes. Puis, pendant que les chiens "font curée", on sonne d'autres fanfares dédiées aux veneurs présents.
Trompe ou cor ?
La trompe de chasse est accordée en ré, par sa longueur (4 m 545), son utilisation (chasse à courre, musicalement en groupe de trompes ou autres instruments jouant dans cette tonalité). Elle doit son nom à Philidor qui l'appela ainsi en 1705. Le tempo musical est principalement en 6/8 et les liaisons sont tayautées. Le cor de chasse est accordé en mi bémol et n'est pas utilisé à la chasse mais en musique militaire. La différence visible est la coulisse d’accord (petit tube intérieur modifiant la tonalité), sur la branche d’embouchure. Le tempo musical semblerait principalement 2 ou 4 temps.
Au Moyen Âge
Avant de se servir d'un instrument pour exciter les chiens ou pour appeler ses compagnons de chasse, l'homme se contentait nécessairement de sa voix : cris, appel, huées, plus ou moins scandés, plus ou moins modulés ont constitué la première musique de chasse.
Au Moyen Âge, on appelait trompeors les sonneurs de trompe ou de trompette, qui furent baptisés par la suite trompeurs en France et trompetters en Belgique. Le cor a servi au Moyen Âge à corner guerre comme corner menée à la chasse ; dans le château on cornait le jour, l’eau, l’assiette, etc.
Les cors monotones variaient les sons avec des mots courts et des mots longs, et ceux qui avaient plusieurs notes sonnaient du grêle ou du gros ton. En 1730, le marquis de Dampierre disait indifféremment cor ou trompe, et cela changea seulement avec Jacques d'Yauville qui n’employa plus que l’expression trompe pour désigner la trompe de Lebrun, modèle 1729, aujourd’hui la Dampierre.
LE FOUET
Le fouet est un instrument composé d'une ou plusieurs lanières, généralement en cuir, et d'un manche. Ses usages sont liés à sa composition :
si la longueur de la lanière permet de frapper la peau d'un être humain ou d'un animal pour le blesser ou le faire souffrir dans le cas de la torture, l'usage habituel est simplement d'inciter, sans coups violents, un animal de trait à avancer plus vite. la vitesse de la lanière fait que le bout atteint une vitesse telle qu'elle provoque un bruit sec. En effet la vitesse de l'extrémité dépasse la vitesse du son et provoque une onde de choc sonore franchissant ainsi le mur du son avec un "bang supersonique" qui n'est d'autre que le claquement entendu. Ce bruit sert à donner des ordres aux animaux dans les cirques par exemple.
Arme antique
Les Huns se servaient de fouets comme arme de contact lorsque leur cavalerie assaillait les colonnes des Goths.
Usage Sportif et Démonstratif.
Aux Etats-Unis et en Australie le fouet est une pratique démonstrative dans diverses manifestations autour de l’histoire du CowBoy et de l’aventurier (Indiana Jones).
La pratique du fouet se décline suivant deux catégories :
Le Whip Cracking : pratique démonstrative et sportive, qui dans un enchaînement de mouvements permet de faire claquer le fouet.
Le Whip Target : met en avant la dextérité du fouetteur qui doit saisir ou bien découper des objets.
Avec quel fouet pratique t’on ? Il existe trois grandes familles de fouet.
Le Bull Whip : fouet de type américain. Plus d'information : bienvenu sur "indianafouet"
Le Stock Whip : fouet de type australien.
Le Snake Whip:
Les fouets de qualité sont tressés à partir de cuir de kangourou, qui leur procure légèreté, et flexibilité.
Usages violents
le fouet peut servir d'instrument pour apeurer une foule, d'instrument de torture ou pour l'exécution d'une peine prononcée par un tribunal.Sexuels Dans le cadre du sado-masochisme, il peut servir de jouet sexuel.Conduite des animaux .Dans le cadre du dressage des animaux, domestiques ou sauvages, le fouet sert au dresseur à se faire respecter de l'animal, et très rarement, il sert à le blesser. Le claquement du fouet permet de marquer des ordres, de rappeler à l'ordre.
En équitation, les jockeys se servent d'une cravache pendant les épreuves hippiques pour inciter le cheval à accélérer. En sport équestre, la cravache sert à préciser ses demandes au cheval, à se faire respecter et éventuellement à sanctionner sa monture.
voir aussi l'usage de la chicotte au congo belge. Flagellation Le martinet
Le Père Fouettard et la fessée .